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La téléconsultation, un pas en avant pour les patients âgés en maison de retraite


Souvent lésés par la désertification médicale, les patients âgés en maison de retraite attendent avec impatience la mise en place de la téléconsultation au sein de leurs établissement…

        

En 2018, plusieurs EHPAD se sont mis à la téléconsultation, devenant pionniers dans une pratique somme toute encore peu courante en France. L’établissement « Les Deux Fontaines », à Fontenay-le-Pesnel, dans le Calvados, en est convaincu : la télémédecine a du potentiel. Celui d’offrir une possibilité de soins supplémentaire aux patients.
 
Lancé courant 2018, un tout premier projet est né de l’ambition de l’Agence Régionale de Santé de Normandie. Donner la possibilité aux patients âgés de profiter de la télémédecine, tel est le souhait de l’ARS, qui a été contacté par six établissements de la région désireux de mettre en pratique cette expérience. Car la Normandie, comme beaucoup d’autres territoires, fait aujourd’hui face à la désertification médicale, laissant de nombreux patients dans le désarroi le plus total.

 
  • Des consultations rapides, sans transport ni attente
 
Le premier argument qui a attiré ces six établissements, c’est l’absence de contraintes liées au déplacement et à l’attente, normalement nécessaires dans le cadre d’une consultation classique auprès d’un spécialiste. Si des médecins généralistes sont mandatés pour effectuer des permanences au sein des EHPAD, la consultation d’un spécialiste s’avère souvent bien plus compliquée.

 
Grâce à la téléconsultation, les personnes âgées n’ont plus à souffrir de ces contraintes, qui pèsent sur eux beaucoup plus encore que sur n’importe quel autre patient.
 
Pour l’infirmière et le directeur de l’EHPAD de Fontenay-le-Pesnel, c’est très clair : « l’intérêt principal de la télémédecine pour nous c’est de permettre aux résidents d’avoir une téléconsultation avec un spécialiste plus rapide et évidemment de leur permettre de ne pas avoir de soucis de stress liés au temps de transports ou à l’attente dans une salle commune avant de voir le spécialiste. »

 
Malgré tout, c’est le médecin traitant qui décide de mettre en place le rendez-vous. « On lui soumet notre doute quant à par exemple un souci de peau d’un de nos résidents et lui valide la téléconsultation avec le dermatologue. »

 
L’infirmière de l’établissement se charge ensuite de prendre contact avec le spécialiste, lequel doit répondre sous quinze jours. « Pour avoir un rendez-vous avec un spécialiste en général c’est six mois, la téléconsultation permet de diminuer ce délai de façon très importante. En général, on a un rendez-vous sous un mois. »
 
Déjà quatre téléconsultations ont eu lieu à l’EHPAD de Fontenay-le-Pesnel, signe que la démarche rencontre un certain succès auprès des pensionnaires, mais aussi auprès du personnel de l’établissement. Mais les vieilles habitudes ont parfois la dent dure… « une seule fois, les proches n’ont pas accepté la téléconsultation proposée à un résident. »

 
  • Des patients suivis et accompagnés tout au long du processus
 
La mise en place des rendez-vous est consciencieusement préparée : les infirmières de l’EHPAD préparent le terrain, le jour venu, pour permettre la mise en place de la téléconsultation. Car cette pratique requiert un minimum de matériel, et d’anticipation : « On a d’abord envoyé un dossier renseigné sur le résident au spécialiste qui va faire la téléconsultation. Au niveau technique, cela demande de la préparation. Nous avons un chariot adapté et connecté qui nous permet de procéder à la téléconsultation soit dans la salle prévue pour ou dans la chambre du résident, s’il se sent plus à l’aise. »
 
 
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